Israël a emprisonné une fois de plus Salah Hammouri

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Tamara Nassar 10 mars 2022

Salah Hammouri (The Left / Flickr)

 

«  Israël jette contre moi le poids de l’occupation, comme il l’a fait [contre] d’innombrables autres Palestiniens. Et ce n’est pas la première fois », a écrit dans The Electronic Intifada le franco-palestinien défenseur des droits humains Salah Hammouri il y a presque deux ans.

Une fois encore, Israël a jeté son poids contre Hammouri en l’emprisonnant.

L’armée israélienne a fait irruption lundi dans la maison d’Hammouri dans le quartier de Kufr Aqab, dans Jérusalem-Est occupée, l’a arrêté et l’a transféré à la prison militaire d’Ofer.

Hammouri, 36 ans, a enduré des années de harcèlement de la part d’Israël. Parmi les mesures auxquelles il a été soumis figurent des arrestations arbitraires, des interdictions de déplacement et l’espionnage de son téléphone.

Hammouri a écrit un article pour le magazine Jacobin peu avant sa dernière arrestation.

L’article détaille le harcèlement auquel il a été confronté depuis des années de la part des forces d’occupation israéliennes, concluant que ce harcèlement a « un seul objectif : me forcer à quitter la Palestine ».

Originaire de Jérusalem, Hammouri a passé la majeure partie de sa vie dans cette ville, mais Israël a cherché à le déporter en France. Les autorités israéliennes ont révoqué sa résidence permanente en octobre « pour rupture de loyauté à l’Etat d’Israël ».

Hammouri a depuis longtemps refusé d’être obéissant de la manière dont l’a réclamé Israël.

« Le concept même est absurde. Comment peut-on attendre qu’une population brutalement asujettie et colonisée s’engage à la loyauté envers son occupant ? » a écrit Hamouri dans The Electronic Intifada.

Hammouri est avocat auprès d’Adameer, le groupe de défense des droits des prisonniers, une des six organisations déclarées « terroristes » par Israël en octobre.

Hammouri était aussi l’un des six individus de ces organisations dont les téléphones ont été piratés par le fameux logiciel espion du groupe NSO d’Israël.

Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a dit la semaine dernière que les désignations [de terrorisme] « étaient basées sur des allégations vagues et non corroborées » et que son bureau n’était pas « informé d’une quelconque preuve crédible » qui les confirmerait.

1/7 Haut-Commissaire ONU aux droits de l’homme @mbachelet, #Ireland, #France, et #Luxembourg ont appelé Israël à annuler la désignation de 6 orgs palestiniennes des droits humains ou humanitaires comme « organisations terroristes » et « illégales » pendant le 49e [Conseil des droits de l’homme de l’ONU] @UN_HRC. #StandWithThe6 pic.twitter.com/WNobOG40ah

— Adalah (@AdalahEnglish) 8 mars 2022

 

Bachelet a souligné que ces désignations sont « utilisées pour arrêter, restreindre ou criminaliser un travail légitime de droits humains ou humanitaire » et constitue une « attaque » contre ceux qui mènent ce travail.

 

Elle a exhorté Israël à révoquer ces désignations.

« Montée dramatique » dans les assassinats

Plus tôt cette semaine, Bachelet a noté une « croissance dramatique » des assassinats des Palestiniens aux mains des forces d’occupation israéliennes, avec 32 morts en 2020 et 320 en 2021.

Elle a observé une augmentation dans le nombre et la sévérité des attaques des colons contre les Palestiniens.

Environ 30 voitures de Palestiniens ont été vandalisées dans la nuit de mercredi. Les voitures ont été barbouillées de slogans en hébreu à Jaljulia, une petite ville palestinienne en Israël.

Le vandalisme de cette sorte est couramment appelé une « étiquette de prix » — un terme que les colons et extrémistes israéliens utilisent pour décrire parfois des attaques mortelles.

Le cas de Hammouri est si notable qu’il a été inclus dans le rapport qu’ Amnesty International a publié le mois dernier, déclarant que les pratiques d’Israël constituaient un apartheid.

Les accusations et les diffamations d’Israël « visaient à discréditer ma réputation et mon travail en tant que défenseur des droits humains », a écrit Hammouri dans The Electronic Intifada.

Israël a emprisonné Hammouri depuis son adolescence et il a déjà passé des années dans les geôles israéliennes.

Il a été arrêté en 2005 pour avoir prétendument planifié une attaque contre Ovadia Yosef, un rabbin important qui incitait habituellement à la violence génocidaire contre les Palestiniens.

Hammouri a nié les charges lancées contre lui, mais a subi la plus grande partie de sa sentence avant d’être relâché dans le cadre d’un échange de prisonniers entre Israël et l’organisation de résistance palestinienne Hamas en 2011.

 

Tamara Nassar est rédactrice adjointe à The Electronic Intifada.

Trad. CG pour l’Agence Medias Palestine et Campagne BDS France Montpellier

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